L'HAD en Maison de retraite et Etablissement d'Hébergement de personnes Agées Dépendantes (EHPAD) : c'est possible

L'HAD intervient dans des structures d'hébergement de personnes âgées (leur domicile) depuis 2007.

Les patients vivant en EHPAD, certes dépendants et fragiles, nécessitent le même suivi que tout patient ambulatoire. Le médecin traitant exerce son rôle de soins et suivi de première ligne. Il est l’interlocuteur privilégié des infirmières et aides soignantes de la structure.

De ce fait, le médecin est amené à hospitaliser ces patients fragiles dans des situations d’urgence ou lorsque les soins à réaliser sont trop lourds. L’HAD est alors une alternative à l’hospitalisation traditionnelle (source de désorientation, perte de repères, facteur d'aggravation de sa pathologie) lorsque le diagnostic est posé et un protocole de soins initié.
 
 

Présentation

Depuis octobre 2007, les établissements d’HAD sont autorisés à intervenir en Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes ou non (EHPA(D)). A ce titre, l’HAD est devenue un maillon essentiel de la filière de soins gériatrique. Elle permet aux patients âgés de conserver leurs repères spatiaux et leur évite une désadaptation fréquente en hospitalisation traditionnelle. Cela désengorge également les urgences (véritables portes d'entrée de l'hôpital) et évite des transports sanitaires coûteux et délétères.

 

Prise en charge HAD d'un patient en EHPAD

Selon le Code de Santé Publique :
« Les établissements d'hospitalisation à domicile peuvent également intervenir dans un établissement accueillant des personnes âgées [...].
Dans ce cas, les soins ne peuvent être délivrés à un résident que si l'état de santé de celui-ci exige une intervention technique, qui ne se substitue pas aux prestations sanitaires et médico-sociales dispensées par l'établissement, et si son admission en hospitalisation à domicile répond à des conditions de prise en charge définies [...] Ces conditions sont variables selon la nature des soins. Elles sont relatives notamment à la complexité des soins à assurer ou à l'ampleur des moyens à utiliser. »

Pour plus de précisions, Réglementation et HAD.

 

Fonctionnement

Pour les EHPA (foyers logements, maisons de retraite non médicalisées), l'intervention des structures d'HAD se déroule suivant des étapes identiques à celles du domicile.
L'EHPAD médicalisé offrant déjà un environnement sanitaire, les motifs de prise en charge en HAD sont plus restreints qu'au domicile du malade.

Elle relève dans les deux cas d'une prescription du médecin traitant ou du médecin hospitalier. Le consentement du patient lui-même ou de son représentant légal est obligatoire.

Le médecin coordonnateur de l'EHPAD complète dans le dossier de soins du patient la justification du recours à l'HAD en expliquant pourquoi l'établissement d'hébergement n'était pas en mesure de prendre en charge les soins nécessités par l'état de santé du résident.
La décision d'admission en HAD d'un patient hébergé en EHPAD médicalisé fait l'objet d'une concertation collégiale des deux médecins coordonnateurs.

Chaque intervention donne lieu systématiquement à la signature entre les deux établissements d'un protocole personnalisé de soins intégrant les modalités spécifiques de chaque prise en charge des soins par l’HAD ou le personnel de l’EHPAD. L'intervention des structures d'HAD auprès de résidents de ces établissements doit être complémentaire avec celle des équipes de l'établissement, sans qu'il y ait de substitution d'équipes entre les deux structures, ni gêne ou risque dans l'organisation des soins.

 

Rôle du médecin traitant

Le rôle du médecin traitant dans la prise en charge du patient suivi en HAD en EHPAD est le même qu'en HAD conventionnelle. Si l’établissement est médicalisé, il devra réaliser les prescriptions relatives à la pathologie justifiant l’HAD (biologie, soins…) et celles relatives aux pathologies pré-existantes sur des ordonnances différentes.

Informations supplémentaires